Courrier envoyé aux 25 mairies d'Ille & Vilaine concernées par l'implantation d'un studio de prise de vue :
CHAMBRE SYNDICALE DES PHOTOGRAPHES PROFESSIONNELS DE BRETAGNE
--------------------------CHAMBRE DES METIERS--------------------------------
2 cours des alliés CS 51218 --- 35012 RENNES cedex --- tel : 02 99 65 45 29
le 04 juin 2008
Madame, Monsieur le Maire,
Vous allez devoir vous prononcer pour accepter dans votre Mairie l’implantation d’une machine recueillant la photo de l’usager et ses huit empreintes digitales pour la réalisation des passeports des habitants de votre canton ou de votre région.
Un aménagement nécessaire, la création d’une pièce accessible aux handicapés, du personnel formé à cet outil et capable d’assurer les permanences nécessaires pour répondre à la demande, seront donc des investissements à prévoir.
Depuis plusieurs mois la profession des photographes s’est mobilisée contre la voie choisie par la France pour la mise en œuvre du passeport biométrique, qui consiste à intégrer une fonction de prise de vue « gratuite » du visage des administrés dans les stations à installer dans 2 000 mairies.
La possibilité laissée aux administrés de produire leur propre photo (payante) de manière traditionnelle est, de facto, illusoire et ne suffit pas à cacher la concurrence déloyale du projet.
Lors de cette réunion, nous avions pu démontrer les faiblesses techniques du projet français, les coûts pour les finances publiques et ses conséquences économiques.
L’Etat a choisi de dépenser plus de 100 millions d’euros dans ces stations condamnant les photographes et les exploitants des cabines photographiques. De nombreux pays européens qui avaient un temps envisagé des solutions comparables au projet français, y ont renoncé au profit de solutions plus pragmatiques et respectueuses des entreprises concernées.
Nous aurons donc dans les prochains jours une action nationale afin de saisir ce dossier devant le Conseil d’Etat.
Nous vous demandons de relayer notre inquiétude. Nos Mairies ont d’autres défis à relever que celui de concurrencer, sans légitimité et sans compétence, le métier de photographe.
Les recettes occasionnées par ce travail que nous réalisons déjà avec un nouvel équipement récent répondant à l’exigence du passeport donne actuellement l’attribution d’un demi emplois dans nos structures. Aurons nous la satisfaction de voir ses employés reconduis pour cette tâche dans vos Mairies ?
La gratuité visible pour le public cache une réelle dépense pour l’Etat et la collectivité. Un manque sur la collecte de la TVA que nous reversons pour ce travail, le licenciement certain d’une partie de nos salariés et la disparition de collecte des taxes professionnelles des studios photographiques qui devront fermés augmentent encore le désastre économique de ce projet.
La conséquence pour notre profession est alarmante et je me dois de vous en informer.
Le chef lieu du canton subira t-il seul le fonctionnement de ce projet ?
Nos petites Mairies sont-elles au courant de cette relégation ?
Merci de réfléchir à la position hâtive que l’on vous demande de prendre sans avoir pris en compte les incidences évoquées ci-dessus.
Je vous prie d’accepter, Madame ou Monsieur le Maire, la considération de mes salutations distinguées.
Marc Lemancel, Président de la chambre syndicale des photographes de Bretagne.